« Depuis 2010, la perdrix grise est mentionnée dans la liste rouge des oiseaux nicheurs comme étant une espèce vulnérable, ce qui signifie qu’il s’agit d’une espèce présentant un risque réel d’extinction en Wallonie. »

Extraits de l’arrêt du conseil d’état du 25 octobre 2019

Face à ce constat, l’administration de la nature et des forêts aurait pu retirer la perdrix grise des espèces chassables.

Elle a cependant estimé qu’une perte d’intérêt des chasseurs pour l’espèce entraînerait une réduction des mesures d’amélioration de l’habitat que certains territoires de chasse mettent en place. Or, c’est justement de telles mesures qui sont absolument requises pour la préservation du petit gibier et de la perdrix en particulier.

En pratique, les chasseurs n’ont pas attendu ces chiffres pour se rendre compte du déclin de l’espèce et agir !

Cela fait plus de 15 ans que les territoires où l’on chasse la perdrix sauvage (càd où l’on ne pratique pas de lâchers de gibier) en limitent très fortement voire en interdisent le tir.

Et si ces mêmes territoires ne pratiquaient pas un nourrissage hivernal et un contrôle des prédateurs, l’espèce aurait probablement disparue de nos campagnes depuis bien longtemps.

Mais malgré toutes ces mesures déjà prises individuellement, les populations ne remontent pas !

Selon des études réalisées par des territoires de référence en France qui ne pratiquent pas de lâcher, le taux de mortalité de la perdrix grise oscille depuis plus de 20 ans entre 60% et 65% chaque année (hors prélèvement de la chasse qui tourne selon eux à 5% depuis 10 ans).

Soit pour une année favorable où un couple va élever 12 à 16 poussins, il ne restera l’année d’après que 6,3 individus d’une compagnie1 de 18. Et lors d’une mauvaise année (0-4 poussins), il ne restera que 1,7 individus d’une compagnie de 6 soit un taux de croissance négatif !

Le problème est complexe et, comme le souligne l’administration, d’autres facteurs sur lesquels le chasseur n’a pas de maitrise entrent en compte :

  • Les conditions climatiques ;
  • La détérioration du biotope :
    • moins de zones favorables à la nidification ;
    • moins de nourriture disponible (insectes, …) ;
    • moins de zones de refuges face aux prédateurs ou aux conditions climatiques défavorables.
  • Autres : maladies, intoxications, collisions, …

Dans le cadre du GIC, nous avons saisi la perche tendue par l’administration pour prouver que le milieu de la chasse a un rôle à jouer et veut jouer ce rôle dans la préservation de l’espèce.
Nous avons donc proposé à l’administration un plan de gestion de la perdrix qui a été approuvé par celle-ci.

Conformément aux prescriptions, celui-ci précise :

  • Que tout territoire qui souhaite chasser et/ou préserver la perdrix adhère au dit plan.
  • Que les bases de ce plan reposent sur des comptages de l’espèce. Les dates et méthodes de ces différents comptages y sont précisés ainsi que le taux de prélèvement autorisé qui en découle.
  • Les seuils en dessous desquels la chasse devra être interdite :
    • Moins de 3 couples aux 100ha.
    • Moins de 3 jeunes par adulte comptabilisé avant la reproduction.
      Pour l’année 2021-2022 (conditions climatiques désastreuses), la chasse de la perdrix a été interdite sur la plupart des territoires. Et depuis, les prélèvements sont infimes voire nuls.
  • Les modalités du lâcher de gibier qui n’a été autorisé qu’à des fins de repeuplement. Càd que toute perdrix remise doit être baguée (pour pouvoir être différenciée des sauvages lors de l’inventaire des éventuels prélèvements de chasse ultérieurs) et l’espèce ne peut être chassée au cours de la saison du repeuplement !

Concernant l’amélioration du biotope :

  • Des audits des territoires financés par la région wallonne ont été proposés et promus.
  • Une information aux agriculteurs est encouragée pour présenter les différentes mesures agro environnementales et climatiques proposées par la région wallonne ainsi que leurs subsidiations.

  1. Compagnie : groupe de perdrix comprenant les adultes reproducteurs et les jeunes ↩︎